Je suis libre de fumer

​J’ai envie d’être libre de fumer

➜ Cet article ” ​J’ai envie d’être libre de fumer” est la suite de J’aime le goût et l’odeur de la cigarette


Fumer, c’est la liberté !

L’industrie du tabac entretient depuis des décennies l’association entre le fait de fumer et la liberté. Je revendique d’être libre de fumer !

Les fameuses publicités avec les cow-boys Marlboro en furent l’un des exemples les plus marquants. Dans les grands espaces en contact avec la nature, des hommes forts, virils, libres et travailleurs savourent leur cigarette.

Bien entendu, rares sont les personnes qui savent qu’au moins cinq des acteurs qui jouèrent dans ces publicités sont aujourd’hui décédés des suites du tabac1 2. Mais si on commence à chipoter.

Ce n’est donc pas étonnant que dans votre esprit, à force de conditionnement, fumer soit synonyme de liberté.

Être libre de fumer, c’est le cadeau empoisonné que je me fais

Et quoi de pire que d’être privé de liberté ? On se battrait pour garder sa liberté. D’ailleurs, on a une réaction instinctive de défense dès que l’on pense qu’elle est menacée : la colère. Et c’est bien sur ce mécanisme inconscient que compte l’industrie du tabac.

Étonnamment, les mêmes personnes qui considèrent le fait de fumer comme une liberté le voient également comme un esclavage.

Esclave de la cigarette, vous devez en acheter régulièrement, veiller à votre approvisionnement et en fumer dans des circonstances particulières. Vous sortez qu’il pleuve ou qu’il vente en quittant vos hôtes pour fumer une cigarette. Le simple fait de ne pas en avoir vous provoque du stress.

Vous êtes sans doute d’accord pour admettre qu’on est dans le cadre d’une relation de dépendance plutôt que de liberté.

Ce comportement vous prive aujourd’hui de la liberté :

  • de rester au chaud à discuter avec des amis lorsqu’il pleut pendant un repas agréable plutôt que d’aller fumer dehors ;
  • de dépenser votre argent dans des choses vraiment utiles et agréables ;
  • d’être serein vis-à-vis de votre santé et de votre avenir ;
  • d’avoir un corps fonctionnel et agréable à vivre le plus longtemps possible ;
  • … on pourrait donner des dizaines d’exemples pour illustrer en quoi votre liberté est déjà diminuée parce que vous prenez la cigarette.

Et, bien entendu, lorsque la maladie frappera vous ne serez plus libre de rien. Même pas libre de fumer sans doute…

Être vraiment libre, c’est quoi ?

Il n’existe pas de liberté absolu, sans aucune contrainte. Si l’on choisit d’être libre de manger ce que l’on veut, quand on veut, on se prive de la liberté d’avoir un corps qui nous satisfasse esthétiquement et qui soit agréable à vivre. Le choix d’être libre coucher avec qui on veut, à chaque fois que l’on en a envie, on se prive de la liberté d’avoir une vie de couple harmonieuse. La décision d’être libre de fumer, on se prive de la liberté d’avoir un corps qui fonctionne bien, plein d’énergie, et qui pourra nous porter longtemps.

Si l’on laisse la poursuite du plaisir sans aucun frein, on se prive du bonheur.

Voici une petite histoire3  :

Un jour, un vieux professeur de l’École Nationale d’Administration Publique (ENAP au Québec) fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines. Debout, devant ce groupe d’élite (prêt à noter tout ce que l’expert allait enseigner), il regarda les dirigeants un par un, lentement, puis leur dit :

« Nous allons réaliser une expérience ».

Le vieux professeur sortit un immense pot de verre, qui se trouvait sous son bureau, et le posa délicatement en face de lui. Il sortit ensuite environ une douzaine de cailloux gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :

« Est-ce que ce pot est plein ? ».

Tous répondirent : « Oui ».

Il attendit quelques secondes et ajouta : « Vraiment ? ».

Alors, il se pencha de nouveau et sortit un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s’infiltrèrent entre les cailloux… jusqu’au fond du pot.

Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et redemanda « Est-ce que ce pot est plein ? »

Cette fois, ses brillants élèves commencèrent à comprendre son manège. L’un d’eux répondit :

« Probablement pas ! ».

« Bien ! » répondit le professeur.

Il se pencha de nouveau et sortit une casserole de sable. Avec attention, il le versa dans le pot. Le sable remplit les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda : « Est-ce que ce pot est plein ? ». Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent « Non ! » .

« Bien ! » répondit-il

Et comme s’y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’à ras bord. Il leva alors les yeux vers son groupe et demanda : « Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ? »

Le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondit :

« Cela démontre que même lorsque l’on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ».

« Non » répondit le professeur « Ce n’est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous ensuite ».

Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’évidence de ces propos.

Le vieux professeur leur dit alors :

« Quels sont les gros cailloux dans votre vie ? Votre famille ? Vos ami·e·s ? Réaliser vos rêves ? Faire ce que vous aimez ? Apprendre ? Défendre une cause ? Vous relaxer ? Prendre le temps … ? Ou… toute autre chose ? Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses gros cailloux en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir… sa vie. Si on donne priorité aux petits riens (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie. Alors, n’oubliez pas de vous poser à vous-même la question :

« Quels sont les gros cailloux dans ma vie ? »

« Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (votre vie). »

J’ajouterai quelque chose à cette histoire : il faut prêter une attention extrême à garder le pot intact, car lorsqu’il casse, plus rien ne rentre dedans.

Et le pot, c’est votre santé4.

Lorsqu’elle est intacte, on a l’impression que c’est acquis.

On se croit invincible.

Mais lorsqu’on met en place les conditions pour que le pot casse, même si cela prend des années pour y parvenir, une fois qu’il est brisé, il est le plus souvent impossible de recoller les morceaux.

Si vous voulez être libre, de pouvoir remplir votre vie, prenez soin de votre pot.

Choisissez quelles libertés vous chérissez le plus, et lesquelles sont optionnelles voire nuisibles. Libre de fumer, vraiment ?


La suite ici :


Sources et notes

1 27/01/2014, At least four Marlboro Men have died of smoking-related diseases, Mat Pearce

2 David Millar, Wayne McLaren, David McLean, Dick Hammer, et Eric Lawson.

3 Covey, Stephen R., Merrill, A. Roger et Merrill, Rebecca R. Priorité aux priorités. Paris, Éditions générales F1RST, 1995, p. 112-113.

4 Et la table, c’est l’environnement, sans environnement sain, pas de santé…

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